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Il était une fois, il y a 400 ans, la citation de Colbert et de Mazarin...
Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres(Les bien pensants de gauche feraient bien de méditer ce propos, certes il existe des revenus indécents mais il y a différentes façon de les taxer, l'incitation à la haine du peuple n'est assurément pas le meilleur moyen)
Colbert : Alors, comment fait-on ?
Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un pot de chambre sous le derrière d'un malade !
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(Si La condamnation de Fouquet fut sévère et le jugement entaché d'irrégularités la réhabilitation complète de Fouquet est néanmoins contestable, ce type usait de son pouvoir pour s'enrichir et construire des citadelles destinées à le préserver voir à lui permettre de renverser le roi. Les nombreux appuis dont bénéficiait Fouquet auprès des ennemis du roi ne donnèrent pas d'autre choix à Louis XIV que de l'emprisonner à vie, opinion personnelle du traducteur qui redoute plus que tout le surendettement et les complots)
Lorsque Mazarin meurt en mars 1661, la faveur de Fouquet semble à son comble : il contrôle le Conseil privé du souverain, qui le charge de créer un Conseil du commerce et lui confie plusieurs missions de diplomatie secrète. Cependant, les critiques de Colbert et l'avertissement de Mazarin, sur son lit de mort, à propos de Fouquet jouent en sa défaveur : Louis XIV se méfie de plus en plus d'un ministre trop ambitieux.
Contrairement à une idée reçue, la fête extravagante de Vaux n'est pas la cause de l'arrestation de Fouquet : la décision du renvoi fut prise auparavant. (Cette folle fête en période de très dure austérité et de misère dans le royaume par contre ne put que conforter Louis XIV dans la justesse de sa décision)
Les places fortes que Fouquet fait bâtir sur les côtes constituent une menace. Fouquet possède un immense réseau de clientèle dans le royaume et soutien les partis dévots que Colbert suspecte d'avoir attenté à la vie du roi le 29 juin 1658 à Calais par empoisonnement. Le roi, entouré de ses médecins, réussit à vomir et survit. Colbert avait prévenu dès 1658 d'une possible tentative d'empoisonnement du roi. Ce même réseau fidèle à Fouquet est impliqué dans l'affaire des poisons qui éclabousse Madame de Montespan.
Louis XIV est joué par Fouquet qui lui promet de revenir à une gestion plus saine des finances, mais retombe dans ses anciennes pratiques d'emprunt à taux exorbitant (20% taux d'usure!). Le surintendant jouit de la faveur d'Anne d'Autriche. Colbert gagne à sa cause la duchesse de Chevreuse, vieille amie de la reine-mère. Fouquet informé de ces menées n'en comprend pas le danger et accumule les maladresses.
Le 5 septembre 1661, Louis XIV ordonne à d'Artagnan d'arrêter le surintendant pour malversations. Fouquet offre de faire remettre Belle-Île au roi et parvient à faire prévenir ses proches, qui n'utiliseront pas ce répit pour détruire ses documents les plus compromettants. Belle-Île se rend sans résistance aux troupes royales. Les scellés sont posés sur toutes les résidences de Fouquet. Certains de ses amis les plus proches, comme Pellisson, sont emprisonnés, les autres assignés à résidence. Colbert fait analyser tous les comptes et tous les registres financiers saisis.
Derrière un miroir, à Saint-Mandé, on découvre le « plan de défense » de Fouquet : il s'agit d'instructions rédigées par Fouquet lui-même qui prévoient qu'en cas d'emprisonnement les gouverneurs qui comptent parmi ses amis s'enferment dans leur citadelle et menacent d'entrer en dissidence pour obtenir sa libération — « projets de révolte qui eussent mérité la mort si le ridicule n'en avait adouci le crime », note l'abbé de Choisy.
Le 12 septembre, Louis XIV supprime la surintendance, la remplaçant par un Conseil royal des finances. Colbert prend le poste de Fouquet au Conseil d'En Haut, avec rang de ministre. La marquise du Plessis-Bellière, probablement la meilleure amie de Fouquet, est emprisonnée. Plusieurs amis du prisonnier publient des libelles en sa faveur. Pellisson, embastillé, publie en cachette un Discours au roi par un de ses fidèles sujets sur le procès de M. Fouquet dont Louis XIV prend connaissance. La Fontaine écrit et fait circuler, sans nom d'auteur, une Élégie aux Nymphes de Vaux, poème dédié à « M. F. » faisant appel à la clémence du roi, ce qui lui vaut la suppression de sa pension par Colbert.
Les deux crimes reprochés à Fouquet sont le péculat (détournement de fonds publics par un comptable public) et la lèse-majesté, passibles tous deux de la peine de mort. L'accusation appuie son argumentation sur deux types de preuves : d'abord, l'opulence de Fouquet et ses nombreuses acquisitions, ensuite, le témoignage de plusieurs manieurs d'argent ainsi que les papiers trouvés durant les perquisitions.
L'accusation met en avant l'immense fortune de Fouquet sur la base des 38 comptes découverts chez son commis : entre février 1653 et la fin 1656, Fouquet a reçu 23 millions de livres. Sur ce montant, 3,3 millions proviennent de ses gages et appointements, le reste étant constitué de billets de l'Épargne, d'ordonnances de comptant et de sommes reçues des gens d'affaires. Pour l'accusation ces 19,7 millions prouventent que Fouquet confond les recettes destinées à l'État et ses revenus personnels.
Sur le fond, Daniel Dessert défend le surintendant. Il juge que les différents chiffres produits à charge sont « divers, contradictoires, en un mot discutables » et devant être maniés avec précaution. Il conclut que « l'ensemble du dossier, pièces à conviction et interrogatoires, ne permet pas de prouver un quelconque manquement de Fouquet. »
Jean-Christian Petitfils se montre plus réservé. Sa propre estimation de l'état des biens de Fouquet fait ressortir un actif de 18 millions de livres et un passif de 16,2 millions, soit un solde positif de 1,8 million. Il met également l'accent sur le compte de résultat et notamment l'importance des dépenses, ainsi que sur le désordre de la comptabilité de Fouquet. Si « rien ne démontre qu'il ait puisé directement dans les caisses du Trésor (…) il est difficile d'admettre qu'au milieu de cette orgie de faux et de concussion, Fouquet soit resté blanc comme neige. » Comme beaucoup de ses contemporains, Fouquet se serait donc bel et bien enrichi en se comportant comme banquier, financier et traitant vis-à-vis de l'État, alors même qu'il était en même temps ordonnateur des fonds.
On reproche à Fouquet d'avoir fomenté un plan de rébellion en fortifiant certaines de ses terres, en constituant une flotte de vaisseaux armés en guerre et en tentant d'enrôler dans son parti la Compagnie de Jésus. Fouquet invoque un mouvement de folie et dénie tout caractère sérieux au contenu du plan. Pourtant le plan de Saint Mandé est modifié par Fouquet plusieurs fois après sa rédaction initiale en 1657 (1658 et 1659). Ce qui rend peu crédible sa défense basée sur une folie due à la fièvre.
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