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Nos ministres sont-ils mal conseillés ou naïfs sur la Syrie?


MEDIAPART des extraits d'une analyse d'Alain Chouet de 2012,

Alain Chouet ancien haut-responsable de la DGSE, et spécialiste de la Syrie, pays où il se rend depuis 40 ans. Une analyse sur les acteurs qui tirent les ficelles des révoltes arabes en cours. On peut ne pas être d'accord, mais son point de vue est argumenté et étayé , ça nous change des grands Médias.



Par Georges Malbrunot



L'expression "printemps arabe" est censée faire référence au « Printemps des peuples » de 1848. Depuis la révolte de Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010, la contagion s'est étendue de la Tunisie successivement à l'Égypte, à la Libye, à Bahrein, au Yémen et enfin en Syrie.

Contrairement à ce qui a pu être dit, ces contestations populaires, d'une ampleur et d'une intensité très variables, n'ont pas été le fait des "réseaux sociaux", où les moyens de blocage du Net sont très développés et où peu de personnes sont connectées.
Le slogan « Dégage ! » (« Erhal » en arabe) entendaient réclamer un meilleur partage des richesses pour améliorer leurs conditions de vie, obtenir des emplois et retrouver une certaine dignité (« karama » en arabe).

Ces révoltes ont été financées par le Qatar et d'autres et encadrées par les Frères musulmans

Par quel miracle, les Européens ont-ils pu soutenir des mouvements qui vont à l'encontre des intérêts des populations et aussi des nôtres.




Il fallait être naïf pour croire que, dans des pays soumis depuis un demi-siècle à des dictatures la démocratie et la liberté allaient jaillir par la seule vertu d’un Internet auquel n’a accès qu’une infime minorité de privilégiés de ces sociétés.

Le pouvoir est tombé dans les mains des pétromonarchies théocratiques qui constituent un bouclier contre l'influence du bloc de l'Est : les forces religieuses fondamentalistes.

Constants dans leur pratique du double langage, ils font exactement le contraire de ce qu’ils proclament. Se multiplient la censure des spectacles et de la presse, la mise sous le boisseau des libertés fondamentales, des droits des femmes et des minorités non sunnites.

La Libye et le Yémen ont sombré dans la confusion. Après que les forces de l'OTAN, outrepassant largement le mandat qui leur avait été confié par l'ONU, ont détruit le Colonel Kadhafi, le pays se retrouve livré aux appétits de bandes et tribus rivales


Mise au point puisque d'aucuns croient déceler dans mes propos et prises de positions des relents d'extrême droite et de complaisance pour les dictatures.

Ils n'ont aucune conception des droits de l'homme…
Ils puisent leur manière d'être dans quatre siècles d'occupation par les Turcs ottomans, grands experts du pal, de l'écorchage vif et du découpage raffiné. Ensuite, ils ont été créés sous la houlette des troupes coloniales françaises de 1920 à 1943, dès l'indépendance du pays, conseillés par d'anciens nazis réfugiés, ensuite par des experts du KGB jusqu'en 1990.

Le régime syrien n’est pas la dictature d'un homme seul, Bashar el-Assad n'est que la partie visible d'un iceberg communautaire complexe et son éventuel départ ne changerait strictement rien à la réalité des rapports de pouvoir et de force dans le pays. Il y a derrière lui 2 millions d'Alaouites encore plus résolus que lui à se battre pour leur survie et plusieurs millions de minoritaires qui ont tout à perdre d'une mainmise islamiste sur le pouvoir, seule évolution politique que l'Occident semble encourager et promouvoir dans la région.


Pourchassés et persécutés, les Alaouites ont dû se réfugier dans les montagnes côtières arides entre le Liban et l'actuelle Turquie tout en donnant à leurs croyances un côté hermétique et ésotérique, s'autorisant la dissimulation et le mensonge pour échapper à leurs tortionnaires.

Dans les années 70, Hafez el-Assad, issu d'une des plus modestes familles de la communauté alaouite, devenu chef de l'armée de l'air puis ministre de la défense, s'est emparé du pouvoir par la force pour assurer la revanche et la protection de la minorité à laquelle sa famille appartient et des minorités alliées – Chrétiens et Druzes - qui l'ont assisté dans sa marche au pouvoir. Ils s'est ensuite employé méthodiquement à assurer à ces minorités – et en particulier à la sienne - le contrôle de tous les leviers politiques, économiques et sociaux du pays selon des moyens et méthodes autoritaires dont vous pourrez trouver la description détaillée dans un article paru il y maintenant près de vingt ans.


Face à la montée du fondamentalisme qui progresse à la faveur de tous les bouleversements actuels du monde arabe, son successeur se retrouve comme les Juifs en Israël, le dos à la mer avec le seul choix de vaincre ou mourir. Les Alaouites ont été rejoints dans leur résistance par les autres minorités religieuses de Syrie, Druzes, Chiites, Ismaéliens et surtout par les Chrétiens de toutes obédiences instruits du sort de leurs frères d'Irak et des Coptes d'Égypte.


Car, contrairement à la litanie que colportent les bien-pensants qui affirment que « si l'on n'intervient pas en Syrie, le pays sombrera dans la guerre civile »…. eh bien non, le pays ne sombrera pas dans la guerre civile. La guerre civile, le pays est dedans depuis 1980 quand un commando de Frères musulmans s'est introduit dans l'école des cadets de l'armée de terre d'Alep, a soigneusement fait le tri des élèves officiers sunnites et des alaouites et a massacré 80 cadets alaouites au couteau et au fusil d'assaut en application de la fatwa d'Ibn Taymiyya.

Alors, proposer aux Alaouites et aux autres minorités non arabes ou non sunnites de Syrie d'accepter des réformes qui amèneraient les islamistes salafistes au pouvoir revient très exactement à proposer aux Afro-américains de revenir au statu quo antérieur à la guerre de sécession. Ils se battront, et avec sauvagerie, contre une telle perspective.


Peu habitué à la communication, le régime syrien en a laissé le monopole à l'opposition. Il existe en Syrie d'authentiques démocrates libéraux ouverts sur le monde, qui s'accommodent mal de l'autoritarisme du régime et qui espéraient de Bashar el-Assad une ouverture politique. Ils sont trop dispersés, sans moyens et sans soutiens. Ils n'ont pas la parole car, en majorité, ils ne sont pas de ceux qui réclament le lynchage médiatisé du « dictateur » comme cela a été fait en Libye.

l''Observatoire syrien des droits de l'homme, c'est une dénomination qui sonne bien aux oreilles occidentales. C'est une émanation de l'Association des Frères musulmans et il est dirigé par des militants islamistes. Je suis surpris que les médias occidentaux et français l'utilisent comme source unique sans chercher à recouper ce qui en émane.


Le Conseil National Syrien, créé en 2011 à Istanbul sur le modèle du CNT libyen à l'initiative du parti islamiste AKP. Le drapeau national syrien est composé de trois bandes horizontales. L'une de couleur noire qui était la couleur de la dynastie des Abbassides qui a régné sur le monde arabe du 9è au 13è siècle. La blanche pour rappeler la dynastie des Omeyyades qui a régné au 7è et 8è siècle. La troisième, rouge, les aspirations socialisantes. Le CNS a remplacé la bande rouge sociale par la bande verte de l'islame.

Plus le temps passe, plus la communauté internationale entendra exercer des pressions sur les minorités menacées, plus les choses empireront sur le modèle de la guerre civile libanaise qui a ensanglanté ce pays de 1975 à 1990.

À ces minorités syriennes menacées, l'Occident, France en tête, n'a opposé que la condamnation sans appel et l'anathème parfois hystérique tout en provoquant partout – politiquement et parfois militairement – l'accession des intégristes islamistes au pouvoir et la suprématie des États théocratiques soutenant le salafisme politique.

La France, qui n’a pas hésité à engager toute sa force militaire pour éliminer Kadhafi au profit des djihadistes et à appeler la communauté internationale à en faire autant avec Bashar el-Assad, assiste, l'arme au pied, au dépeçage du Mali par des hordes criminelles qui se disent islamistes parce que leurs rivaux politiques ne le sont pas.

Leses médias et les politiques occidentaux ont assisté sans broncher à la répression sanglante des contestataires du Bahraïn, pays à majorité chiite par les séoudites. De même les massacres des Chrétiens nigérians par Boko Haram. L'enlèvement et la séquestration de quatre membres de la Cour Pénale Internationale par des « révolutionnaires » libyens, est traitée en mode mineur et passe à peu près inaperçue dans nos médias dont on imagine l'indignation si cet enlèvement avait été le fait des autorités syriennes, algériennes ou de tel autre pays non encore « rentré dans le rang » des « démocratures », ces dictatures islamistes sorties des urnes.


L'avenir dira si notre fascination infantile pour le néo-populisme véhiculé par Internet et si les investissements massifs du Qatar et de l'Arabie dans nos économies en crise valaient notre complaisance face à la montée d'une barbarie dont nous aurions tort de croire que nous sommes à l'abri.

source : blog.lefigaro.fr/malbrunot/2012/09/alain-chouet




Drame de la Syrie

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